31 janvier 2009
Les tons que j'aime travailler
29 janvier 2009
A l'ombre du vent
Premières lignes
(extrait) :
Je me souviens encore de ce
petit matin où mon père m'emmena pour la première fois visiter le cimetière des
Livres Oubliés. Nous étions aux premiers jours de l'été 1945, et nous marchions
dans les rues d'une Barcelone écrasée sous un ciel de cendre et un soleil
fuligineux qui se répandait sur la ville comme une coulée de cuivre liquide.
- Daniel, me prévint mon père, ce que tu vas voir aujourd'hui, tu ne dois en
parler à personne. Pas même à ton ami Tomás. A personne.
- Pas même à maman ? Demandai-je à mi-voix.
Mon père soupira, en se réfugiant derrière ce sourire triste qui accompagnait
toute sa vie comme une ombre.
-Si, bien sûr, répondit-il en baissant la tête. Pour elle, nous n'avons pas de
secrets. Elle, on peut tout lui dire.
Il m'a emporté dès les premières lignes
dans une lecture envoutante, avide et passionnée.
Au point d'avoir envie de le relire. Là, maintenant, tout de suite. Alors même que je viens de le terminer.
Et quelle tristesse
de voir la fin du livre approcher. Étrange sensation d'abandon. Envie de faire
durer chaque page encore plus longtemps. (et pourtant il en a déjà plus de 600 !!)
Dans une
ambiance d'après-guerre au cœur de Barcelone aux alentours des années 1945, l'atmosphère du livre nous
donne une impression de douceur, de chaleur.
Les personnages sont fabuleux et attachants. Leur panel est très varié : de Julián Carax ambigu et captivant au sinistre
individu défiguré qui brûle ses livres, en passant par le cocasse Fermin Romero de Torres, Miquel Moliner et sa nostalgie, l'effrayant inspecteur Fumero ou encore le vieux gardien du Cimetière, Isaac, et sa fille, Nuria.
Toutes ces personnalités contribuent à faire de ce livre un petit bijou.
Parmi les personnages, il faut absolument citer Barcelone, personnage à part entière. La ville est sublimée, dans un halo de brume et de mystère, mais aussi rendu angoissante car encore hantée par la guerre civile. Une fois égaré dans les labyrinthes du quartier gothique de Barcelone, on n'a vraiment plus aucune envie d'en sortir
Initié par son père, Daniel - le héros principal du livre nous fait pénétrer dans le labyrinthe du cimetière des livres abandonnés. La narration nous donne l'impression d'être à leurs côtés lors de cet étrange rituel.
Un rituel qui se transmet de génération en génération : Daniel doit y adopter un volume parmi des centaines de milliers. Il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie et qui sera le fil conducteur du récit.
L'histoire est bien proportionnée. Tous les ingrédients sont présents : Amour, suspense, rebondissements et un peu de violence pour relever l'ensemble.
De nombreuses métaphores, de la poésie, beaucoup d'émotion, un style magnifique. A lire et relire sans modération.
Autres
extraits :
Durant presque une
demi-heure, je déambulai dans les mystères de ce labyrinthe qui sentait le
vieux papier, la poussière et la magie. Je laissai ma main frôler les rangées
de reliures exposées, en essayant d'en choisir une.J'hésitai parmi les titres à
demi effacés par le temps, les mots dans des langues que je reconnaissais et
des dizaines d'autres quej'étais incapable de cataloguer. Je parcourus des
corridors et des galeries en spirale, peuplés de milliers de volumes qui
semblaient en savoir davantage sur moi que je n'en savais sur eux. Bientôt,
l'idée s'empara de moi qu'un univers infini à explorer s'ouvrait derrière
chaque couverture tandis qu'au-delà de ces murs le monde laissait s'écouler la
vie en après-midi de football et en feuilletons de radio, satisfait de n'avoir
pas à regarder beaucoup plus loin que son nombril. Est-ce à cause de cette
pensée, ou bien du hasard ou de son proche parent qui se pavane sous le nom de
destin, toujours est-il que, tout d'un coup, je sus que j'avais déjà choisi le
livre que je devais adopter. Ou peut-être devrais-je dire le livre qui m'avait
adopté. Il se tenait timidement à l'extrémité d'un rayon, relié en cuir
lie-de-vin, chuchotant son titre en caractères dorés qui luisaient à la lumière
distillée du haut de la coupole. Je m'approchai de lui et caressai les mots du
bout des doigts, en lisant en silence.
...
je m'approchais de lui et caressai les mots du bout des
doigts, en lisant en silence : l'Ombre du Vent - Julian Carax
Je n'avais jamais entendu mentionner ce titre ni son auteur, mais cela n'avait
pas d'importance. La décision était prise. Des deux côtés, je pris le livre
avec les plus grandes précautions et le feuilletai, en faisant voleter les
pages. Libéré de sa geôle, il laissa échapper un nuage de poussière dorée.
Satisfait de mon choix, je rebroussai chemin dans le labyrinthe, le volume sous
le bras, le sourire aux lèvres. Peut-être avais-je été ensorcelé par
l'atmosphère magique du lieu, mais j'avais la certitude que ce livre m'avait
attendu pendant des années, probablement bien avant ma naissance."
Maintenant que les 600 pages du livre me tournent le dos, que vais-je pouvoir lire tant ce livre me parait unique.
28 janvier 2009
écorce
Extrait du Petit Prince d'Antoine de Saint Exupéry
- Ce qui fait la beauté du désert ou des étoiles est invisible. Lorsque j'étais petit garçon, j'habitais une maison ancienne et la légende racontait qu'un trésor y était enfoui. Bien sûr, personne n'a jamais su le trouver, ni peut-être même ne l'a cherché. Il était invisible. Mais il enchantait toute la maison qui cachait un secret au fond de son cœur. Ce que je vois là n'est qu'une écorce, le plus important est invisible.
27 janvier 2009
A l'ombre d'un arbre
ROBERT DESNOS - IL ÉTAIT UNE FEUILLE
Il était une feuille avec ses lignes
Ligne de vie
Ligne de chance
Ligne de coeur
Il était une branche au bout de la feuille
Ligne fourchue signe de vie
Signe de chance
Signe de coeur
Il était un arbre au bout de la branche
Un arbre digne de vie
Digne de chance
Digne de coeur
Coeur gravé, percé, transpercé,
Un arbre que nul jamais ne vit.
Il était des racines au bout de l'arbre
Racines vignes de vie.
Vignes de chance
Vignes de coeur
Au bout des racines il était la terre
La terre tout court
La terre toute ronde
La terre toute seule au travers du ciel
La terre.
26 janvier 2009
Ballade en forêt
Victor Hugo - Aux arbres
Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme;
Vous me connaissez, vous! - Vous m'avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d'eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m'occupent tout un jour.
La contemplation m'emplit le coeur d'amour.
Vous m'avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l'espirt à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l'oeil dans l'herbe profonde,
L'étude d'un atome et l'étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m'avez vu fuir l'homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids ddont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
COmme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s'élance,
Et je suis plein d'oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel;
Toujours - je vous atteste, ô bois aimés du ciel! -
J'ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère
Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des antres sourds,
Ravins où l'on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m'entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu'un de grand qui m'écoute et qui m'aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêts! c'est dans votre ombre et dans votre mystère,
C'est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m'endormirai.
"Brouillon" ?!
Ou comment travailler la matière mais aussi les ombres.
Il y a quelques temps, je vous avais montré un inachevé, en cours de finition.
Mais je ne vous ai jamais montré les travaux préalables.
Avant de faire la forêt, on a fait le tronc.
Encore avant l'écorce.
Avant l'acrylique, le dessin au fusain.
Les photos ne sont pas réussis mais au final cela leur donne un cachet particulier.
A suivre ...
25 janvier 2009
Le Kiwi continue à être patient
Ce soir là, j'ai mitraillé à gogo. Changeant paramètre par paramètre. Passant du mode manuel pur au mode priorité ouverture / fermeture !! Sur ce dernier mode, j'ai pas encore tout saisi car je ne m'en suis aperçu qu'en regardant les propriétés des photos. Va falloir que j'ouvre le mode d'emploi !
Tout manuel : Focale de 75 mm - ouverture 7.1 - Vitesse variant de gauche à droite de 1/30s à 1/20s, puis 1/8s et 1/2s
A la fin, je l'ai mangé. Il était délicieux !
24 janvier 2009
Séance photos
Mon ami, le kiwi, a bien voulu se prêter à une séance de photos.
4 photos, 3 réglages différents.
En bas à gauche automatique avec une focale de 75 mm, ouverture de 7.71, vitesse 1/125s.
En haut à droite, priorité fermeture avec une focale de 105mm, ouverture de 8 et vitesse 1/40s.
En haut à gauche et en bas à droite, priorité ouverture avec une focale de 105mm, ouverture de 13 et vitesse 1/125s.
Pas facile de faire du manuel !!
Toutefois ça en vaut le coût.
20 janvier 2009
Voyage en Inde
L'héroïne Akhila veut faire le point sur une vie qu'elle a l'impression de n'avoir pas vécue. Elle décide donc de prendre le train à destination du sud de l'Inde.
Elle fera la connaissance de ses compagnes de voyage, avec lesquelles elle va partager toute une nuit l'intimité d'un compartiment pour dames.
Roman à plusieurs voix. Le temps d'un trajet partagé, des destins de femmes s'entrecroisent. Des femmes proches de nous par leurs forces et leurs faiblesses.
C'est aussi celui d'un voyage à la découverte de soi.
Akhila cherche la réponse aux questions qu'elle se pose au travers de leurs confidences : une femme a-t-elle vraiment besoin d'un homme pour être heureuse, pour se sentir épanouie ?
Comment trouver en soi la force de vivre la vie qu'on a choisie, de redevenir maîtresse de son destin ?
A lire absolument !
16 janvier 2009
Histoires de crocodiles et de tortues !!!
De Katherine Pancol, j'ai lu les 2 romans d'environs 700 pages chacun à une vitesse impressionnante tant j'étais prise dans l'histoire. Des romans agréables à lire.
A la rentrée, j'avais lu le premier - Les yeux jaunes des crocodiles et là je viens de finir la suite - La valse lente des tortues
Des histoires de femmes dans la tourmente. Des femmes libres mais malheureuses, qui essayent de mener de front carrière, famille, réussite sociale. Seulement, l'insatisfaction de cette génération de femmes est patente.
Les personnages sont pleins de vie, affrontent les situations, chutent parfois mais se relèvent toujours. Un roman positif qui montre des personnages en quête d'eux-mêmes et en quête d'amour.
Pour comprendre le pourquoi des titres, je vous invite à les lire afin de ne pas révéler l'énigme.
Maintenant, j'attends avec impatience que la bibliothèque m'appelle pour Millénium !























